Le service de presse de l’ambassade vous propose chaque semaine une synthèse en français des principaux sujets d’actualité traités par une sélection de magazines chinois. Cette semaine : l’accident d’avion à Yichun, le drame à Manille et le droit de critiquer en Chine.
Rédacteurs :
Yo-Jung Chen, Christine CHEN Yu
Accident d’avion à Yichun
Outlook Weekly publié le 30 août, No. 35 2010
L’accident d’avion reflète l’état délabré des lignes secondaires en Chine
L’accident d’avion survenu le 24 août soir à Yichun a mis fin au record de 2102 jours de vol en sécurité pour l’aviation chinoise et sonné l’alarme sur la sécurité des vols de ligne secondaire.
En Chine, il existe depuis longtemps des risques liés à la sécurité de l’aviation, surtout en ce qui concerne les lignes secondaires. D’abord, pour des raisons historiques, l’espace aérien chinois est contrôlé conjointement par l’Armée de l’Air et l’aviation civile. Mais en l’absence d’un mécanisme de coordination efficace, les conflits des vols se produisent de temps en temps sans que ce désordre n’ait encore entraîné d’accidents. Deuxièmement, l’infrastructure et le contrôle de la navigation aérienne de certaines lignes secondaires restent à perfectionner. Enfin, une meilleure législation dans ce domaine est requise pour réaliser un dispositif de contrôle adéquat en conformité avec la loi.
A cause des bénéfices très limités, les lignes secondaires restent encore au stade initial. Les fortes concurrences entre les lignes principales et l’état de sous-développement des lignes secondaires coexistent. Dans ce contexte, il existe des failles dans le dispositif de sécurité des compagnies aériennes et des aéroports tandis que certains maillons sont négligés par la supervision. L’accident de Yichun dévoile la contradiction importante entre la situation actuelle des lignes secondaires et les demandes d’un marché difficile à satisfaire.

- Couverture Nouveau Siècle
Nouveau Siècle publié le 30 août, No. 35 2010 a mis cette affaire à la Une en fournissant plus de détails. Le magazine souligne aussi un phénomène particulier dans le milieu de l’aviation des lignes secondaires. Du fait de bénéfices relativement faibles, les compagnies aériennes sont plutôt tièdes pour l’exploitation des lignes secondaires alors que, au contraire, séduits par les bénéfices qu’apporte l’industrie touristique, les gouvernements locaux font montre d’un grand enthousiasme. Cela donne lieu à un mode de fonctionnement spécial des lignes secondaires : avec les investissements des gouvernements locaux, les aéroports louent des avions auprès des compagnies aériennes pour des trajets à l’intérieur des provinces.
De plus, la situation difficile et embarrassante des compagnies aériennes privées, dont celle du vol en question, pose aussi problème. Et certaines actions radicales des passagers irrités par les retards constituent une pression sur l’équipage.
Caijing Magazine publié le 30 août, No. 18 2010
Spécial : Enquêtes sur l’accident d’avion à Yichun
Rechercher la cause de l’accident d’avion à Yichun exige des enquêtes et des analyses professionnelles pendant une très longue période. Or, si on regarde les accidents passés, les enquêtes et leurs résultats manquaient de transparence et la compensation versées aux familles des victimes n’étaient pas toujours satisfaisantes. Cet accident douloureux offre aussi aux contrôleurs et aux opérateurs une opportunité d’apporter des améliorations ou des remèdes. Parce que ce drame a étalé au grand jour non seulement la situation embarrassante de la Compagnie aérienne du Henan, mais aussi des problèmes masqués par l’excellent record chinois de 2102 jours sans accident aéronautique.
La prise d’otages à Manille
Suite à la prise d’otages qui a fait neuf morts, le 23 août, aux Philippines, Nanfang Zhoumo publié le 26 août a fait un reportage très précis sur tous les détails de ce drame. Une semaine après, Nouveau Siècle publié le 30 août, No. 35 2010, relate le suivi de cette affaire. Ce cauchemar a tout de suite provoqué une fissure dans les relations entre les Philippines et Hongkong, destination importante de l’exportation de main-d’œuvre philippine, et la Chine continentale. Le gouvernement central chinois et le gouvernement de Hongkong ont tous deux demandé fermement à la partie philippine de soumettre le plus vite possible un compte-rendu complet et précis sur cette affaire. Au niveau des peuples, les tergiversations et l’intervention incorrecte du gouvernement ainsi que la maladresse des policiers philippins font l’objet de vives critiques et de protestations. Certaines familles de Hongkong ont même renvoyé les domestiques philippins ayant le même nom de famille que le preneur d’otages.
Le drame à Manille a sonné une fois encore l’alerte sur la protection des ressortissants chinois à l’étranger. Mais malheureusement, on n’arrive pas encore à réaliser une percée dans le mécanisme de coopération d’urgence, au niveau international, visant à libérer les otages pris à l’étranger. Cette fois-ci, malgré les réactions immédiates du gouvernement de Hongkong, l’absence d’un mécanisme de coopération approfondie explique en partie la fin tragique de cet incident.
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Nan Feng Chuang du 25 août au 7 septembre, No. 18 2010
Couverture : le droit de critiquer

- Couverture Nan Feng Chuang
La critique est non seulement un critère important mesurant le degré de civilisation d’une société, mais aussi le droit naturel de tous les membres de la société. Quelle que soit son origine, toute action visant à étouffer la critique est inacceptable.
Dans la plupart du temps, la critique n’est qu’une expression des points de vue personnels. A l’instar de l’émergence de la vérité, c’est aussi un processus « essais-erreurs ». Quand il s’agit de critiques en faveur de la justice et de l’équité, il faut les protéger et aller jusqu’au bout.
Dans une société dotée d’une civilisation hautement développée, on ose critiquer et on tolère les critiques tandis qu’un gouvernement responsable doit avoir le courage de faire face aux critiques et les accepter. Lors de la période de transition de la Chine, la priorité est de créer une atmosphère ouverte, tolérant les critiques.
Bien sûr, il ne faut pas non plus abuser du droit de critiquer. Mais il faut reconnaître que l’on a encore beaucoup de choses à faire dans ce domaine. Les médias, les citoyens et la société doivent faire des efforts ensemble pour développer un espace de critique sain, en formant une nouvelle langue, pour la critique, adaptée à notre époque.
La garantie de la liberté d’expression dépend essentiellement de la justice plutôt que de la loi. Sans la protection judiciaire, la surveillance par l’opinion publique, basée sur la liberté d’expression, se trouverait dans l’impasse. De plus, une culture saine de la surveillance par l’opinion publique est indispensable pour la création d’un environnement favorable.
Phoenix Weekly publié le 25 août, No. 24 2010
Les Instituts Confucius aux yeux déformés des pays étrangers
Sources : www.chinanews.com.cn
De 2004 à fin 2009, le gouvernement chinois a mis en place 282 Instituts Confucius dans 88 pays du monde, dont 60 aux Etats-Unis et il a annoncé l’objectif d’en créer 500 d’ici la fin de 2010. Cette expansion rapide provoque de vives réactions dans les pays occidentaux. Certains Occidentaux estiment que ces Instituts sont l’outil de propagande du Parti communiste chinois voire des établissements secrets qui lutteront contre eux.
En réalité, les Chinois sont en train de conquérir le monde et ont déjà obtenu des résultats fructueux, mais par la puissance molle (soft power). La diplomatie chinoise y a joué un rôle très important et la Chine a obtenu de plus en plus de soutiens au sein de l’OMC comme de l’ONU. Bien sûr, cela ne veut pas dire que l’Occident est déjà dans l’échec dans l’effort de gagner des élites en provenance de l’Afrique, de l’Amérique latine et de l’Asie.
Mais pourquoi la Chine accorde-t-elle une grande importance à la création des Instituts Confucius et dépense pour cela d’importantes sommes d’argent ?
Zhao Guocheng, Directeur général adjoint des Instituts Confucius, signale que depuis des dizaines d’années, la Chine fait souvent l’objet de critiques et de diabolisation, beaucoup de gens à l’étranger voyant la Chine d’un point de vue déformé. La création des Instituts Confucius vise à faire connaître la vraie Chine au monde entier. « On n’a pas l’intention de faire de la propagande sur la culture chinoise, de placer nos valeurs au dessus d’autres pays ou de pratiquer l’infiltration culturelle. »
Nanfang Zhoumo publié le 2 septembre, Une
L’exposition universelle à Shanghai lance la formation des citoyens au civisme
Alors que tous les pays du monde exposent en Chine les derniers fruits de la civilisation humaine, certains comportements indésirables des Chinois s’exposent aussi aux médias chinois et étrangers. Aujourd’hui, les Chinois, comme un ensemble, savent bien organiser une rencontre grandiose, mais, en tant qu’individus, il faut encore apprendre à participer à cette rencontre avec élégance.
L’exposition universelle est non seulement une occasion de montrer la belle image de prospérité, mais aussi une opportunité de s’adapter à la civilisation mondiale et aux règles de politesse internationales.
Dans son interview, M. Wu Jianmin, Président honoraire de Président du Bureau International des Expositions (BIE) (et ancien ambassadeur en France), a aussi évoqué cette question. Mais il donne une note de 80 sur 100 aux visiteurs chinois car il a remarqué de grand progrès sur le site de l’expo au cours de ces derniers mois. Et les critiques des internautes chinois ont joué un rôle très important. En tant que pays ayant une civilisation très ancienne, les Chinois avaient une longue tradition de civilité, mais qui a été détruite au cours de la période révolutionnaire. Maintenant, il est temps de reprendre la tradition et rattraper la distance avec d’autres pays. La question des bonnes manières concerne aussi le mode de développement et la question de savoir comment s’entendre avec le reste du monde.
China Newsweek publié le 30 août, No. 32 2010
Reportage spécial : Faire naître un bébé aux Etats-Unis
Au cours des trois ou quatre dernières années, de plus en plus de Chinoises ont choisi l’accouchement aux Etats-Unis, pour bénéficier du Droit du Sol défini par la Constitution américaine. Parmi elles, la qualité de l’éducation et la possibilité d’avoir un deuxième enfant sont des raisons prioritaires. En même temps, une chaîne de services intégrés s’est créée et se développe rapidement en Chine et aux Etats-Unis.
Mais ce qui donne à réfléchir est que le courant de l’accouchement aux Etats-Unis reflète aussi le niveau de l’évaluation que portent les citoyens sur les services publics et le milieu social de leur pays natal.
Certains estiment que l’accouchement aux Etats-Unis reflète le « rêve chinois brisé » et une forte préoccupation des Chinois pour l’avenir de la société. Mais M. Piao Guangxing, professeur de l’Université des minorités de Chine, n’est pas d’accord avec ce point de vue. Au cours de son séjour à l’Université de Séoul, de 2000 à 2007, il a suivi de près le même phénomène en Corée du Sud. D’après lui, à cause du grand écart entre les riches et les pauvres, loin d’être un phénomène général, l’accouchement aux Etats-Unis est limité à un group peu nombreux.
En tant que pays en développement, la Chine se trouve encore au stade primaire du développement économique, et s’il n’existe pas encore une vraie classe moyenne en Chine, la notion du « rêve chinois » n’existe pas non plus. L’accouchement aux Etats-Unis ne signifie pas que la Chine a encore un long chemin à parcourir. Ce phénomène existera pendant une période relativement longue, dix ans au minimum. Car pendant cette période, la Chine doit faire des avancées dans les domaines de l’éducation, de la sécurité, de l’environnement et de la protection des biens personnels afin de renforcer globalement sa compétitivité dans le monde.
Cette revue de la presse hebdomadaire chinoise est une synthèse d’articles publiés dans les magazines en Chine. Les articles présentés dans cette revue sont sélectionnés pour leur représentativité des courants et tendances dans ce pays. Ils reflètent l’avis de leurs auteurs et n’engagent en rien la position ni le point de vue de l’Ambassade de France en Chine.